Pascale Goetschel

  • Tant que le théâtre est en crise, il se porte bien », assurait Jean Vilar à la fin des années 1960. Provocation, boutade de cet homme de théâtre ? Bien au contraire, comme le montre cet essai qui renouvelle l'histoire des spectacles et contribue, plus largement, à une histoire sociale, culturelle et politique de la nation.
    Les discours autour de la « crise du théâtre », qui trouvent leurs prémices au siècle des Lumières, se déploient particulièrement à partir des années 1890, en lien avec l'industrialisation du secteur et la concurrence d'autres formes de loisirs. L'auteure étudie les discours eux-mêmes, leurs auteurs, et les acteurs qui les véhiculent, mais aussi et surtout, leurs effets dans les pratiques.
    Car ces discours, parfois mortifères et nauséabonds, puisant dans des registres pluriels - moral, politique, esthétique, économique ou social - ont profondément modifié les catégories de jugement, les répertoires, les comportements, les goûts des spectateurs et les politiques publiques.
    L'auteure consacre ses recherches à la France, qui entretient des relations passionnées avec le théâtre, tout en esquissant des comparaisons avec d'autres pays européens.
    Si ces discours de crise se sont ainsi perpétués, c'est aussi - et tel n'est qu'un des nombreux paradoxes apparents de cette histoire - parce qu'ils ont permis de forger une unité de groupe et de procurer une légitimité à ce petit monde, avant tout masculin, qui aime la controverse.
    Ce livre permet ainsi d'éclairer sur la longue durée les questionnements actuels autour des sentiments déclinistes.

  • Qu'est-ce qu'une politique culturelle ? A travers l'histoire des Centres dramatiques nationaux, de la Libération à 1981, - une histoire d'institutions théâtrales permanentes en province, labellisées et régulièrement subventionnées par l'Etat - cet ouvrage analyse les politiques de la décentralisation dramatique menées sous la IVe République et les vingt premières années de Ve République.
    Il offre une réflexion sur la façon dont les pouvoirs publics ont conçu l'aménagement culturel du territoire. Il dresse une histoire des pratiques spécifiques de théâtre hors de Paris, en étudiant les troupes, leurs directeurs, les répertoires et les mises en scène. Il observe la prospection des publics et s'interroge sur la réception de l'art dramatique en province, contribuant ainsi à l'étude de l'évolution des goûts.
    /> Ce faisant, cette étude s'inscrit dans l'histoire politique, culturelle et intellectuelle française de la seconde moitié du siècle. Sans vision partisane, elle montre comment la province est devenue, en une trentaine d'années, un lieu de création et de formation, apportant une mise en perspective historienne au débat brûlant sur la décentralisation culturelle.

  • A rebours des discours sur les méfaits de la spectacularisation, ce dossier revient sur l'évolution contemporaine du spectaculaire, de la fin du XIXe au XXIe siècle.
    Il est envisagé ici dans la pluralité de ses formes et de ses effets : quels ressorts sensibles suppose et active le spectaculaire ? Quelles sont les modalités d'action de ses producteurs ? Quelle place tient le spectateur ? Le spectaculaire apparaît là comme un outil précieux pour penser la fabrique des phénomènes culturels.

  • Le lecteur trouvera dans cet ouvrage synthétique et précis les grands traits de l'évolution des idées, de la littérature et des arts. Les jeux d'influence entre les artistes, les ruptures dans la création et les grandes réflexions du siècle y sont largement analysés.
    Au-delà de la culture "noble" d'autres pratiques culturelles se sont imposées au fil du temps. Tours de chant, manifestations sportives, cinéma et lecture dits populaires, émissions radiophoniques ou télévisuelles, et jusqu'à la mode, apportent leur contribution à l'édifice.
    En ce début de XXIe siècle, cet ouvrage apparaît comme un précieux outil pour le lecteur en quête de repères touchant à la culture contemporaine.

  • L'Association pour le développement de l'histoire culturelle (ADHC) est née, en 1999, du constat de la place croissante, en même temps que problématique, de l'histoire culturelle dans l'historiographie contemporaine.
    Revendiquée par les uns, dénoncée par les autres, cette place méritait l'institution d'un lieu de rencontres où tous ceux qui se reconnaissent dans cette qualification pourraient échanger sur le fond et sur la forme de leur travail. L'association a tenu son premier congrès en 2000. Au terme d'une décennie et plus d'activité, il était temps de tirer le bilan et, comme il se doit, de tracer de nouvelles perspectives.
    Cette anthologie des conférences et tables rondes organisées dans le cadre du congrès annuel de l'association propose un panorama unique en son genre des propositions avancées par l'histoire culturelle en France et, dans une moindre mesure, à l'étranger depuis dix ans. Regroupés en sections thématiques (définitions et frontières, objets, regards et transferts, débats), ces textes rédigés par d'éminents spécialistes venus de divers horizons (historiens, sociologues, philosophes, historiens de l'art ou de la littérature) donnent à voir à la fois la permanence de certains questionnements et leur renouvellement.

  • Pascale Goetschel, agrégée d'histoire, est maître de conférences à l'Université Paris-I et membre du Centre d'histoire sociale du 20e siècle.Emmanuelle Loyer, agrégée d'histoire et ancienne élève de l'ENS de Fontenay-Saint-Cloud, est professeur des universités en histoire contemporaine à Sciences-Po Paris.1. La Belle Époque2. La Grande Guerre et les années vingt3. Années trente, années troubles4. La vie culturelle et intellectuelle sous Vichy5. La Quatrième République : vers une démocratisation culturelle6. "Les Sixties" : la culture entre contestation et consommation7. Quelle culture en France depuis le milieu des années soixante-dix ?

  • Claretie, Larochelle, Astruc...
    Ces noms de directeurs de théâtre évoquent-ils encore Quelques souvenirs aujourd'hui ? Est-il d'ailleurs possible de donner une définition du métier de directeur de théâtre ? Gestionnaire, meneur, artiste, il est censé réunir des Qualités si diverses Qu'il est bien difficile d'en dresser un profil type. Aussi l'ambition de cet ouvrage collectif n'est-elle pas mince : éclairer, sur deux siècles, les XIXe et XXe siècles, les contours de cette profession - vocation ? fonction ? - encore largement méconnue.
    Pour ce faire, les études rassemblées ici croisent les approches, au carrefour de l'économique et du social, du politique et du culturel. Elles proposent des lectures des représentations et des discours mais aussi des règles, des usages et des pratiques. Appréhendant le théâtre privé comme le théâtre public, le cas français comme celui de plusieurs pays européens, l'ensemble des contributions entend proposer, par la description, la confrontation et la comparaison, des pistes pour l'histoire d'une profession au coeur du spectacle vivant.

  • Depuis le texte fondateur de Hans Robert Jauss, Pour une esthétique de la réception, paru en 1967 et traduit en français en 1978, l'analyse de la réception des oeuvres et plus encore de « l'horizon d'attente » qui les détermine s'est imposée chez les spécialistes de l'histoire littéraire avant de s'étendre aux autres disciplines.
    Dans cette perspective, philosophes, sociologues, historiens, spécialistes de littérature, de communication mais aussi acteurs de la réception et de la création s'interrogent au fil de l'ouvrage sur la réception des « objets médiatiques », c'est-à-dire l'ensemble des productions culturelles et/ou artistiques aux XIXe et XXe siècles, période qui se caractérise par l'essor des cultures médiatiques.
    L'histoire proposée ici est donc celle des écrits, des images ou des sons mis en forme par les médias les plus divers : roman et presse, spectacle vivant, cinéma et télévision, internet.
    Organisé en trois grands moments : « Les discours de la réception », « Usages et appropriations » et « La spirale production/réception », ce livre présente un grand nombre d'études de cas - du compte rendu académique des livres d'histoire aux réseaux de lectrices de littérature sentimentale, de la réception des paysages peints par Otto Dix aux interprétations journalistiques de la téléréalité - tout en offrant un bilan historiographique et des approches théoriques renouvelées.

    Ont contribué à cet ouvrage :
    Antoine de Baecque, Edward Berenson, Esteban Buch, Valeria Camporesi, Frédéric Chauvaud, Évelyne Cohen, Alain Corbin, Michaël Cousteau, Maryline Crivello, Quentin Deluermoz, Chantal Duchet, Annie Duprat, Jean-Pierre Esquenazi, Patrick Eveno, Arlette Farge, Anaïs Fléchet, Pascale Goetschel, Christophe Granger, Geneviève Guicheney, Gianni Haver, Noël Herpe, Sophie Jacotot, François Jost, Élodie Kredens, Michèle Lagny, Benoît Lenoble, Jean-Marc Leveratto, Sylvie Lindeperg, Judith Lyon-Caen, Laurent Martin, Chantal Meyer-Plantureux, Muriel Mille, Priska Morrissey, Jürgen E. Müller, Audrey Orillard, Sylvain Parasie, Emmanuel Pedler, Bruno Péquignot, Camille Picard, Gisèle Sapiro, Jean-Claude Schmitt, Pierre Sorlin, Florence Tamagne, Bertrand Tillier, Myriam Tsikounas, Paola Valentini, Sylvain Venayre, Catherine Wermester, Katsyarina Zakharava.

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