François Ost

  • Faire du droit en racontant des histoires, tel est le pari de ce livre qui exploite toutes les variétés du conte juridique : la fable historique et la fiction animalière, le récit de science fiction et le reportage réaliste, la spéculation onirique et la nouvelle fantastique, le conte philosophique, la dystopie, et même la fantaisie théologique.

    Huit récits qui font réfléchir à la norme en posant d'étranges questions.

    Faut-il du droit dans l'arche de Noé ?

    Que révèlent les procès d'animaux que l'Occident a instruits jusqu'à la Révolution française ?

    Tuer son propre clone, de surcroît équipé d'une intelligence artificielle, est-ce un meurtre ou la destruction d'une entité non humaine ?

    A quoi sert le droit ? Le récit du naufrage de l'Amoco Cadiz donne une réponse crue et contrastée à cette question.

    Se pourrait-il que, parfois, la réalité dépasse la fiction ? La dénaturation du droit dans une grande démocratie contemporaine le donne à penser. Une dystopie prend forme quand, fasciné par son président Selfidor et sa devise Jamais deux sans moi, le peuple en vient à oublier le droit.

    Quel livre tout juriste devrait-il emporter avec lui sur une île déserte ? Et si c'étaient les îles elles-mêmes qui parlaient de justice ?

    Où conduisent les passages dérobés que recèle le majestueux Palais de justice ? Et de quelle justice nous parlent ses doubles-fonds ?

    Le jugement dernier présente-t-il les garanties élémentaires du procès équitable ? L'avocat pro deo et l'avocat du diable en débattent.

  • Le voile à l'école ? Une réflexion citoyenne Un texte à lire et à mettre en scène pour aborder le thème autrement.
    Et si Antigone s'appelait Aïcha ? Et si son objection de conscience prenait la forme du hijab ?
    La tragédie de Sophocle revisitée par François Ost résiste extraordinairement à un contexte nouveau !

    Un dossier d'accompagnement propose :
    - une mise en perspective de la pièce permettant d'approcher la figure intemporelle d'Antigone la résistante ;
    - une lecture juridique permettant de comprendre les enjeux et le cadre de la question. Dans notre démocratie, quelle place pour les signes religieux à l'école ? Quelle réponse apporte le droit ?

  • Il est d'usage de parler de la langue de Shakespeare. Cet ouvrage démontre qu'on pourrait tout aussi bien parler du droit de Shakespeare. Poète national qui forge le roman politique et juridique de la nation anglaise au tournant de la Renaissance, Shakespeare est l'archétype de ces « législateurs cachés » dont parle Shelley. Souvent cité aujourd'hui encore par la Cour suprême des États-Unis, Shakespeare traite quelques-unes des questions juridiques les plus fondamentales : entre l'esprit et la lettre de la loi, équité et formalisme juridique, que choisir ? De quelle légitimité les princes peuvent-ils se prévaloir ? Entre le vrai, le faux et le vraisemblable, où passe la vérité légale ? Les lois pénales sont-elles faites pour être appliquées ? Entre vengeance et pardon, comment équilibrer la balance de la justice ? Ces questions, Shakespeare ne les traite pas à la manière d'un manuel de droit ; il les performe par la grâce du théâtre. Ses pièces sont des laboratoires des passions juridiques ; le faux est traqué derrière les apparences, et l'injuste dénoncé sous le légal. Réalisant un parcours buissonnier dans une oeuvre monumentale, cet ouvrage s'attarde sur six chefs d'oeuvre dont l'éclairage juridique révèle des dimensions insoupçonnées : Le Marchand de Venise, Mesure pour mesure, Richard II, Jules César, Hamlet, et Le Roi Lear. Dans le cercle magique du théâtre du Globe, c'est l'humanité entière qui est convoquée ; et dans le creuset bouillonnant du théâtre élisabéthain se joue une formidable Comédie de la Loi qui accouche de notre modernité. Contribution essentielle au courant « droit et littérature », cet ouvrage, le premier en langue française à aborder Shakespeare sous l'angle du droit, pourrait bien également renouveler durablement les études shakespeariennes.

  • À quoi sert le droit ? La question est aussi ancienne que la société. Mais, pour la première fois, nous envisageons le scénario d'une société post-juridique. Une société dont le droit se serait dissous dans un océan de normativité indistincte, déterritorialisée et managériale.
    Ce droit, dont on annonce la crise, le déclin, l'évaporation, que sommes-nous en droit d'en attendre ? Quel est son apport spécifique aux relations sociales, la plus-value qu'il imprime à la gouvernance ? Plus simplement : que se passe-t-il lorsque deux individus, un groupe ou une société décident de « passer au droit » ? Et, à l'inverse, que perdons-nous lorsque nous renonçons au droit ?
    Au carrefour des sciences sociales, du droit et de la philosophie, cet ouvrage aborde ces questions dans toute leur radicalité. Aux fonctions techniques du droit (mesurage, bornage, tissage), répondent les usages, conformes ou non, qu'en font les autorités et les justiciables ; à leur tour, ces fonctions et ces usages s'inspirent de finalités qui débordent le droit : ordre, démocratie, justice,...
    Saisissant le droit dans sa profondeur historique comme dans ses procès les plus récents, cet ouvrage, fruit de quarante ans de recherche, représente la synthèse la plus pénétrante sur la place et le rôle du juridique dans la société contemporaine.
    En dialogue avec la philosophie politique et morale, voilà enfin un ouvrage qui « prend le droit au sérieux ».

  • Nous n'avons jamais cessé de vivre dans la nostalgie de la langue adamique qui prévalait avant ce que nous prenons pour la " catastrophe " de babel. De sorte que nous nous enfermons dans le dilemme : ou la langue unique, ou le repli sur nos idiolectes particuliers. Pour échapper à cette alternative ruineuse, François Ost décrit ce que pourrait être la troisième voie du multilinguisme et de la traduction. Un vigoureux paradigme s'en dégage qui, au-delà de la question des langues, s'impose chaque fois que, dans notre monde pluraliste, des savoirs et des valeurs s'affrontent, sans principe supérieur de composition.

    De l'antique récit biblique à la politique des langues de l'union européenne, de la philosophie du langage à l'éthique du traducteur, de l'utopie des langues parfaites à la créativité de la traduction littéraire, rien n'est laissé dans l'ombre.


    Une conviction s'impose alors : parce qu'elle opère déjà au sein de nos propres langues, et pas seulement à leurs frontières, la traduction - cette hospitalité langagière - est notre seule alternative à la barbarie.


    Juriste et philosophe, vice-recteur des facultés universitaires saint-louis à bruxelles, françois ost enseigne également à genève. membre de l'académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de belgique, il a notamment publié le temps du droit et raconter la loi.

  • Temps du droit

    François Ost

    La question du temps ne cesse de se poser au droit et à la société, entre amnistie et imprescriptibilité, mesures d'urgence et développement durable, droits acquis et lois rétroactives, respect du précédent et revirements de jurisprudence.
    Comment donc équilibrer stabilité et changement ? Comment fonder la mémoire collective tout en s'affranchissant d'un passé traumatique ou obsolète ? Comment garantir le futur par des règles, tout en les révisant quand il le faut ? Le temps, c'est de l'argent, dit l'adage populaire. Partant, au contraire, de l'idée que le temps c'est du sens et qu'il s'institue plus qu'il ne se gagne, ce livre pose les conditions d'un temps public, véritable enjeu de démocratie.

  • Juriste de formation, abbé de son état, lexicographe par passion, Antoine Furetière, l'un des Quarante de l'Académie française, en fut honteusement expulsé en 1685 pour avoir outrepassé le monopole royal dont bénéficiait l'Académie en matière de dictionnaire. En 1690, il publia son Dictionnaire universel, dont la modernité lui valut un succès immédiat. L'enjeu de cette « querelle des dictionnaires » n'est pas mince : le choix entre la méthode puriste de l'Académie qui vise à fixer un état aristocratique de la langue, à l'image de l'ordre versaillais, l'épurant de tout néologisme, et l'approche critique et savante de Furetière qui rappelle que la langue appartient à tous, qu'elle s'enrichit avec le temps, et que la fixer c'est l'étouffer. Son combat pour le libre parcours de la langue et donc des idées reste plus que jamais d'actualité, à l'heure où menace la privatisation des informations et des connaissances.

  • Qu'est-ce que les mythes et les grands archétypes de la littérature universelle nous enseignent sur l'origine et le destin du droit ? La donation de la loi du Sinaï, l'invention de la justice chez Eschyle, la révolte de conscience d'Antigone, la souveraineté de l'individu pour Robinson Crusoé, les paradoxes de la liberté chez Faust, la déchéance de la loi avec Kafka : telles sont les étapes majeures d'un parcours narratif aux sources d'un imaginaire juridique trop souvent méconnu.
    Entre le " tout est possible " du récit et le " tu ne dois pas " de la loi, l'institution du social ne cesse de s'inventer des formes inédites. Au rebours d'une vision formaliste ou moraliste du juridique, ce livre poursuit une grande ambition : replonger le droit dans la fiction littéraire pour lui permettre de renouer avec ses racines.

  • En son institution juridique, le lien social relève-t-il de l'autre (hétéronomie) ou du même (autonomie) ? Pour répondre à cette question, François Ost revisite trois lieux symboliques de la légitimité du droit : le Mont Sinaï où le peuple d'Israël reçut la loi «du haut du ciel», la colline du Pnyx aux flancs de laquelle délibérait la démocratie athénienne, le Champ-de-Mars à Paris où se prêtait dès 1790 le serment de loyauté aux institutions révolutionnaires. À chaque étape, il s'avère que le droit imposé (hétéronomie) est, en définitive, bien plus négocié (autonomie) qu'on ne le croit et que le droit négocié est plus imposé qu'il n'y paraît. La verticalité de la révélation au Sinaï se double d'un dialogue où les deux partenaires - Dieu et l'homme - apprennent patiemment la loi de leurs rapports. La démocratie grecque organise son autonomie au moment ou les tragédies classiques mettent en scène le retour obsédant de l'autre, s'inscrivant en faux ou en garant dans la raison du même. Vingt-trois siècles plus tard, le contrat social prétend à l'autonomie radicale alors que se déclare, dans les textes fondateurs, l'impossibilité de toute autofondation dans une société d'êtres sans doute «libres et égaux», mais qui ne se racontent plus - comme les Juifs et les Grecs - leurs histoires de libération ou d'égalisation. Bref, les trois symboles historiques pointent vers un phénomène singulier d'autotranscendance : une société ne peut être autonome que dans l'espace instituant d'un tiers qu'elle n'est pas. Elle ne peut négocier son droit que dans l'horizon d'une loi qu'elle n'a pas produite et que, pourtant, elle contribue à faire advenir. La presse en parle «Au-delà de ses qualités d'écriture, de profondeur ou de poésie, ce livre nous amène à réfléchir sur l'incertitude des fondements du droit...»Paul Martens (Journal des tribunaux)

  • Quand dire, c'est faire.
    Quand dire le droit, c'est faire justice.
    Mais quel droit, et quelle justice ?


    Comment saisir le rôle du juge, au terme de décennies d'évolution profonde qui ont entraîné à la fois la transformation de son office et une formidable montée en puissance de ses décisions ?

    François OST, observateur attentif de ces évolutions, tente de répondre à cette question dans la dizaine d'études ici rassemblées, échelonnées sur vingt ans. S'il n'est plus (et n'a jamais été) la simple «bouche de la loi», le juge n'a pas pour autant pris l'ancienne place du législateur au sommet de la pyramide normative. Au carrefour du réseau juridique, régulateur des divers pouvoirs qui s'y exercent, le juge combine les fonctions d'«arbitre» et d'«entraîneur» ; son pouvoir se cherche entre les rôles de Jupiter (l'impérieux), d'Hercule (l'infatigable Providence) et d'Hermès (le communicateur). Le lecteur retrouvera notamment dans cet ouvrage ces typologies devenues incontournables dans le débat sur le rôle et le statut du juge.

  • Quand dire, c'est faire... Quand dire le droit, c'est faire justice... Mais quel droit, et quelle justice ? Comment saisir le rôle du juge, au terme de décennies d'évolution profonde qui ont entraîné à la fois la transformation de son office et une formidable montée en puissance de ses décisions ? François OST, observateur attentif de ces évolutions, tente de répondre à cette question dans la dizaine d'études ici rassemblées, échelonnées sur vingt ans. S'il n'est plus (et n'a jamais été) la simple « bouche de la loi », le juge n'a pas pour autant pris l'ancienne place du législateur au sommet de la pyramide normative.Au carrefour du réseau juridique, régulateur des divers pouvoirs qui s'y exercent, le juge combine les fonctions d'« arbitre » et d'« entraîneur » ; son pouvoir se cherche entre les rôles de Jupiter (l'impérieux), d'Hercule (l'infatigable Providence) et d'Hermès (le communicateur). Le lecteur retrouvera notamment dans cet ouvrage ces typologies devenues incontournables dans le débat sur le rôle et le statut du juge.

  • S'il est pertinent de proposer le paradigme de la traduction pour penser la grammaire de notre monde pluriel - un monde qui ne peut plus se refermer sur ses idiolectes ni céder à la tentation de la langue ou pensée unique - alors on peut penser que le droit représente un champ d'application privilégié de ce paradigme traductif. On le montre ici non seulement dans les multiples secteurs où le droit national entre en contact avec d'autres langues et cultures juridiques, mais aussi au coeur même des opérations les plus quotidiennes des juristes : interprétation des lois, balance des intérêts, mise en rapport des discours des parties, des experts et des juges. Avec la traduction se cherchent une méthode et une éthique qui sachent faire droit aux différences sans renoncer pour autant au voeu de l'intercompréhension.

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