Eric Pommier

  • Les questions afférentes au respect de l'environnement et de la vie occupent désormais une place de choix parmi les enjeux économiques, sociaux et politiques du moment. Or Hans Jonas (1903-1993) est le premier, et le seul philosophe d'envergure, à avoir mis, au coeur de sa réflexion, le souci de la nature et de la vie. Sans lui, sans le livre qui lui a donné sa notoriété, Le Principe responsabilité (1979), nous ne parlerions pas aujourd'hui du respect que nous devons aux générations futures, de la responsabilité que nous avons à l'égard de l'environnement ou des espèces, des précautions qu'il nous faut prendre en vue d'éviter des catastrophes qui affecteraient aussi bien l'homme que la possibilité de la vie en général.
    /> La réception de Jonas est sujette à polémique : on l'accuse de faire le jeu de l'obscurantisme (crainte de la toute-puissance de la technique, refus du risque) et de promouvoir un gouvernement des experts où la politique perdrait son sens. Mais la réception de son oeuvre est d'abord et avant tout entachée d'ignorance : tantôt on connaît de Jonas ses écrits de spécialiste de la Gnose, tantôt on se souvient que ses travaux ont servi de caution aux mouvements écologistes, tantôt enfin on croit savoir qu'il a tenté de proposer un concept de Dieu qui soit compatible avec l'existence du mal radical que fut Auschwitz. Rarement on sait qu'il fut aussi l'auteur d'une biologie philosophique sans équivalent, et que la Religion gnostique, le Phénomène de la vie et le Principe responsabilité furent rédigés par le même homme.
    C'est précisément l'unité de la philosophie de Jonas qu'Eric Pommier s'attache à établir en montrant que son centre en est la question de la vie. La force du livre est d'expliquer comment Jonas a fait de l'oubli de la vie (ancré dans l'étrangeté au monde propre à l'expérience gnostique, se poursuivant dans le nihilisme nietzschéen et l'être-pour-la mort de Heidegger) l'erreur à surmonter, comment il a alors proposé une philosophie de la vie originale qui a elle-même débouché sur une nouvelle éthique pour les temps modernes. C'est l'articulation entre ces trois dimensions - nihilisme, évolution créatrice, responsabilité - qui fait la singularité de la pensée de Jonas, selon Eric Pommier. C'est sa mise au jour qui fait l'originalité du livre d'Eric Pommier.

  • Cet ouvrage justifie le tournant médical opéré par Hans Jonas dans Technik, Medizin und Ethik. Cela ouvre une réflexion en quatre temps. En premier lieu, il faut faire un diagnostic éthique du rôle de la technique au sein de la recherche scientifique.
    En second lieu, il faut se demander si l?accélération de nos progrès technologiques ne modifie pas la signification de la médecine, ce qui requiert une interrogation sur les valeurs qui guident cette pratique. Il apparaît alors que ce sont les conditions les plus essentielles de notre être-au-monde, la naissance et la mort, qui risquent d?être altérées par l?agir technologique. Dans un troisième et quatrième moment, il faudra donc se pencher sur la manière dont la procréation médicale assistée et, plus fondamentalement encore, l?ingénierie future pourraient modifier le sens de la venue au monde des enfants.
    Outre la natalité, la mortalité est le second pôle qui détermine les conditions essentielles de la présence au monde de l?homme. C?est la raison pour laquelle, dans un dernier temps, l?éthique doit également se pencher sur la manière dont des techniques, apparues dans la seconde moitié du XXe siècle, peuvent bouleverser notre façon de mourir.

  • La tâche que s'assigne Hans Jonas est double mais se résout dans une seule et même intuition. Il s'agit, d'une part, de montrer que l'ontologie trouve sa vérité à condition de surmonter le dualisme du sujet et de l'objet, et de se défaire définitivement du point de vue de la substance dont celui-ci procède. Il s'agit, d'autre part, de donner un fondement à l'éthique en échappant au risque de subjectivisme. Or c'est en méditant sur la finitude de la vie que l'on pourra, quasiment dans un même geste, non seulement penser authentiquement l'ouverture de l'homme à l'être mais également le devoir qui lui incombe à l'égard du monde. L'ontologie de la vie est la condition d'une anthropologie qui apprend à l'homme ce qu'il est mais aussi ce qu'il doit faire.

  • "Cet impressionnant ouvrage se place d'emblée comme un document de référence dans et pour le monde francophone. Non pas contre la déferlante anglo-saxonne et nord américaine, mais en proposant une lecture différente de la promotion de la santé, adaptée à des systèmes politiques, à des univers culturels et sociaux différents." (Extrait de la préface de Laurent Chambaud) Ce manuel pédagogique présente l'essentiel des savoirs en promotion de la santé : définitions, principaux concepts, principes et théories, connaissances et outils clés pour appréhender, planifier, mettre en oeuvre et évaluer des projets en promotion de la santé. Structuré comme une série de cours spécifiques, il a été pensé et construit sur la base de compétences clés en promotion de la santé et s'appuie sur la riche expérience de chercheurs et professionnels internationaux (France, Belgique, Suisse, Canada, pays d'Afrique francophone) afin de mieux comprendre les pratiques et de valoriser les outils existants et émergents.

    Premier manuel de référence en français permettant de jeter un regard sur la diversité des approches et les enjeux de la promotion de la santé dans le monde francophone, il répond aux besoins théoriques et pratiques des étudiants et des professionnels du secteur et constitue un livre de référence pour les enseignants et chercheurs.

    Cette 2e édition est enrichie de nouveaux apports conceptuels (déterminants commerciaux de la santé, discriminations et santé, littératie en santé, etc.) et intègre les enseignements des bouleversements sociaux, environnementaux et sanitaires les plus récents (réchauffement climatique, mouvements de contestation, pandémie de Covid-19).

    Avec la participation de : G. Absil, F. Alla, I. Aujoulat, D. Béland, O. Brixi, A. Brochard, D. Bourque, L. Cambon, G. Campagné, K. Chemlal, C; Deloly, T. Diallo, A. Douiller, S. Dupéré, C. Ferron, L. Gautier, A. Gindt-Ducros, E. Godeau, M.-R. Guével, A. Guichard, C. Harpet, Z. Héritage, D. Houeto, S.-R. Hyppolite, C. Jomier, A. Lacouture, É. Legrand, L. Madec, É. Martin, F. Martin, D. Moreau, A.-A. Parent, M. Porcherie, A. Ragonesi-Muñoz, J. Raude, V. Ridde, J. Romagon, A. Roué Le Gall, H. Sangho, C. Simar, K. Souffez, A. Tal Dia, M.F. Thomas, C. Vandoorne, C. Wilhelm, I. Wone.

  • Les actes de ce colloque international sont une contribution importante à l'application de la philosophie de la vie de Hans Jonas aux problèmes éthiques dans le domaine des biotechnologies et de l'environnement. L'ensemble de ce volume est construit autour de trois grands thèmes : l'éthique jonassienne de la vie ; le statut de la responsabilité pour les générations futures dans la pensée de Jonas ; la mise au travail de la pensée jonassienne dans des débats d'éthique appliquée.
    La présentation permet d'allier des points de philosophie fondamentale (éthique de la discussion/éthique de la responsabilité, approche transcendantale/ontologique) vers des problèmes d'éthique appliquée (naissance, mort, modifications biotechnologiques...), en passant par une confrontation entre les grands auteurs contemporains de Jonas (Appel, Heidegger, Arendt...).

empty