Langue française

  • À l'heure où, dans les médias, dans les débats publics et même dans le monde universitaire, les économistes et leur savoir sont soumis à de très vives critiques, faut-il se résigner à ce que l'économie soit une tour d'ivoire et les économistes une caste à part, détentrice d'un savoir à la fois mystérieux et inquiétant ? Non, affirme Christian Arnsperger, lui-même économiste, l'économie, c'est nous. Nous ne sommes pas de simples objets de savoir ; nous sommes aussi les acteurs d'un savoir sur nous-mêmes et sur la société.
    Ce livre s'adresse donc à tous ceux qui voudraient comprendre comment le savoir économique s'insère dans les rouages de notre quotidien et comment l'enseignement de l'économie façonne notre société : au citoyen désireux de mieux comprendre qui sont les économistes et quel est leur travail, leur savoir, leur utilité ; aux élèves de terminale qui se demandent s'il vaut la peine de poursuivre des études d'économie ; aux étudiants en sciences économiques qui ont du mal à mettre le doigt sur ce qui les dérange dans la discipline qu'on leur enseigne ; enfin aux économistes réflexifs qui désirent, en débat avec leurs étudiants et les citoyens autour d'eux, devenir plus sensibles aux enjeux sociaux de leur propre savoir.
    Ni pamphlet gratuit, ni apologie corporatiste, l'ouvrage propose une critique directe mais équilibrée de la science économique actuelle. Il analyse les rôles qu'elle occupe effectivement dans la société d'aujourd'hui, mais aussi ceux que nous tous, en tant que citoyens d'une société libre et démocratique, nous aimerions lui voir jouer. Une invitation au débat citoyen.

  • Les crises à répétition du capitalisme nous montrent que si nous ne changeons pas de modèle, tout ira de mal en pis. Il ne suffit pas de changer quelques règles : il faut repenser le sens même de la vie humaine, et comprendre en profondeur comment notre économie fonctionne. Nous avons en nous à la fois un «capitaliste intérieur» (gouverné par la peur et l'appât du gain) et un «alternatif intérieur» (aspirant à une vie meilleure, plus libre, plus autonome). Tout l'enjeu d'une autre économie est donc de savoir comment changer les règles de fonctionnement du système pour que nos alternatifs intérieurs puissent prendre le dessus sur nos capitalistes intérieurs.

  • La transition numérique mondiale s'accélère tandis que la transition écologique, au mieux, marque le pas. Cette situation ne sera pas longtemps soutenable. Il importe de se donner le plus rapidement possible un objectif collectif qui corresponde enfin à ce qu'exige l'état de dégradation du système-Terre. Comment concilier une empreinte écologique radicalement réduite avec la pluralité actuelle de nos sociétés et de leur tissu économique ?
    La réponse se trouve du côté d'une économie permacirculaire : le respect strict des limites planétaires exige, pour les pays riches, des métabolismes circulaires, mais aussi une réduction nette du substrat matériel de leurs activités - donc une décroissance - et une ouverture à l'expérimentation technologique et sociale la plus large possible. Cet ouvrage propose un cadre politique et éthique détaillé visant à bâtir progressivement, dans le respect du pluralisme moderne, une économie authentiquement durable.

  • ?Pour la première fois, avec cet ouvrage, le monopole monétaire des banques et les déséquilibres qu'il engendre sont analysés et dénoncés : amplification des effets cycliques et de l'instabilité financière, concentration de la richesse, dévaluation du capital social, pensée économique réflexe et mimétique privilégiant le court terme, etc. À contre-courant des idées dominantes et pour contrer les effets ravageurs du système monétaire actuel, une voie profondément originale est ici proposée : briser le monopole des banques et généraliser un instrument déjà existant mais encore trop peu utilisé - les monnaies complémentaires -, ce qui permettrait enfin de rétribuer et d'encourager la solidarité, de favoriser la protection de l'environnement ainsi que la santé de tous. Un appel salubre et opportun au débat et à la réflexion ! Bernard Lietaer, professeur de finance internationale et spécialiste des questions monétaires, a été l'un des architectes de l'ECU, le mécanisme de convergence à l'origine de la monnaie européenne. Christian Arnsperger est professeur d'économie à l'Université catholique de Louvain. Sally Goerner est diplômée en ingénierie, physique des systèmes et psychologie. Ses travaux portent sur l'intégration de la complexité aux sciences humaines. Stefan Brunnhuber est vice-président de l'Institut européen de médecine et professeur invité de nombreuses universités. Le Chapitre européen du Club de Rome est un think tank international, affilié au Club de Rome. Sa vocation est de lancer des passerelles entre les institutions de l'Union européenne et le Club de Rome. Il entend servir de forum de réflexion sur le développement durable en Europe et à l'échelle planétaire.

  • Après avoir brossé un panorama des fondements de l'éthique économique et sociale, Christian Arnsperger ébauche une analyse inspirée du fonctionnement de la société économique moderne. Catherine Larrère nous invite, pour sa part, à replacer la nature comme médiatrice entre les deux ordres rivaux de l'éthique et de l'économie, pour en faire une demeure accueillante et durable. D'où vient l'inflation contemporaine de la demande d'éthique ? Dans un troisième essai, Jean Ladrière nous livre sa réponse : de l'inefficacité de nos normes usuelles face à l'artificialisation croissante du monde par la science et la technique.

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