Bernadette Lizet

  • En quelques dizaines d'années, le cheval de trait a disparu de nos villes et de nos campagnes. Cette éclipse brutale a fait perdre la mémoire d'un compagnonnage quotidien entre l'homme et l'animal.
    Jusqu'au début du XXe siècle, le cheval est partout au travail?: il actionne la meule du moulin, le broyeur à ajonc, les rouages de la brasserie industrielle, le manège de la machine qui pompe l'eau au fond de l'ardoisière, ou celui de la batteuse de la ferme. Il tire la diligence comme la charrue et peuple par dizaines de milliers les grandes villes (14?000 pour la seule compagnie des omnibus à Paris en 1905).
    Aujourd'hui, alors que les signes d'un renouveau se font sentir dans les vignes, les espaces protégés, les forêts patrimoniales et certaines villes, la réédition de l'ouvrage classique de Bernadette Lizet paraît indispensable. S'appuyant sur une documentation unique, originale, et avec un style toujours clair, l'auteure invite ses lecteurs à s'écarter de l'image réductrice de l'équitation de sport et de loisir. Elle fait revivre l'histoire d'une relation intime et familière, en décrivant les gestes et les outils avec lesquels le cheval est conduit, ferré, harnaché, soigné, logé, accompagné depuis sa naissance jusqu'à sa mort. C'est tout un monde d'éleveurs, de guérisseurs, de maquignons, de charretiers, d'artisans et d'ouvriers qui renaît ainsi sous nos yeux. Un monde d'interactions subtiles, de savoir-faire, de plaisirs et de peines partagées entre les hommes et leurs chevaux.

  • C'est en sortant de son bureau dont les fenêtres donnent sur la Ménagerie du Jardin des plantes de Paris que Bernadette Lizet commence ses enquêtes. Entre 1989 et 2014, dix «petits terrains», vingt-cinq ans d'observations et d'analyses, seule ou à plusieurs mains. Grâce à une démarche et une méthode qui relèvent de l'ethnologie participante, elle propose une autre manière de considérer le Muséum, son jardin, son parc zoologique et les hommes qui en sont l'âme - jardiniers, vétérinaires, soigneurs, chercheurs. L'histoire des pionniers de l'ethnobotanique, la conservation du patrimoine génétique, le statut ambivalent de la nature dans la ville : un regard inédit et curieux, une ethnologie du proche et de l'intime, pour mieux comprendre le vivant, ses richesses et ses fragilités.

  • En Europe, au XIXe et au début du XXe siècle, le cheval est partout au travail, à la ville comme à la campagne.
    Il transporte fardeaux et voyageurs, il tire la charrue, la herse, la voiture légère, l'omnibus, le tombereau, le camion, le fardier ou le bateau. Il traîne les wagons dans l'obscurité de la mine. Aveuglé par un bandeau, il actionne la meule du moulin, le broyeur à ajoncs, les rouages de la brasserie industrielle, le manège de la machine hydraulique qui pompe l'eau au fond de l'ardoisière, ou encore celui de la batteuse à la ferme. Cette formidable cavalerie, Bernadette Lizet la fait revivre pour nous, dans le déroulement des gestes et des soins de tous les jours, et dans l'étonnante diversité des situations de travail. Paysan, mineur, cocher, roulier, marinier, palefrenier, étalonnier, maquignon, charron, bourrelier, maréchal-ferrant, vétérinaire, chacun participe à cette véritable civilisation du cheval.
    Encore ancrées dans la vie quotidienne il y a trente ans à peine, ces connaissances disparaissent, d'autant plus rapidement qu'une autre « culture du cheval » s'est substituée à elles, celle des clubs hippiques, des randonnées, des courses et des fêtes folkloriques.
    Pourtant, des chevaux travaillent encore, certains conservés par des anciens qui n'ont jamais pu s'en séparer, d'autres, recherchés par des jeunes qui y voient l'outil le mieux adapté aux contraintes de l'agriculture de montagne, ou aux soins délicats de la vigne et du maraîchage.
    Alors que s'éteignent les derniers témoins de cette civilisation, l'ouvrage de Bernadette Lizet redonne leur place aux liens qui unirent des générations de paysans, d'artisans et d'ouvriers, à leurs compagnons de labeur.

  • Cet ouvrage livre les clés de l'évolution des politiques de la nature dans les parcs nationaux français et des controverses qui l'ont marquée.
    Une première partie relate « l'histoire et les mémoires » des parcs métropolitains avec l'étude de la conception des premiers projets de parcs (Vanoise, Cévennes et Pyrénées) ainsi que l'analyse des difficultés rencontrées pour créer un parc en mer d'Iroise.
    L'adoption problématique de la biodiversité comme norme d'action depuis les années 1990 avec pour exemple les parcs des Cévennes et des Pyrénées, fait l'objet des chapitres suivants.
    La conclusion retrace l'itinéraire qui a conduit les parcs nationaux de la protection de la nature à la gestion de la biodiversité. Elle met en évidence le défi qui reste à relever : transformer en partenaires des parcs des usagers qui leur furent longtemps hostiles.

  • Comprendre un paysage, c'est d'abrod le contempler, laisser affleurer toutes les questions qu'il suscite.
    Pourquoi, au milieu de la lande ouverte, sur la colline d'en face, cette mosaïque de couleurs, avec ces jeunes prés clôturés, d'un vert cru ? Pourquoi ces taches homogènes de fougères rousses, aux formes géométriques, détonnant sur la masse sombre des fourrés d'ajoncs ? Pourquoi, un peu plus loin, ces alignements réguliers de pins manifestement plantés ? Pourquoi ce réseau de chemins fraîchement ouverts sur ces hauteurs ? Et dans la vallée, ce grand champ de maïs à côté de petites parcelles d'herbe, avec des haies ponctuées d'arbres têtards ? Pourquoi, près de la vieille ferme au toit de tuile ce vaste bâtiment couvert de fibrociment grisâtre ? Ces deux palmiers insolites à l'entrée du bourg, devant une maison cossue ? Derrière chacun des " pourquoi ", des hommes, des femmes qui cultivent, mangent, coupent du bois, transportent, gardent des troupeaux, commercent, échangent, se déplacent.
    Une longue histoire, qu'on va découvrir dans le détail en cheminant, puis en dialoguant avec les habitants. Alors le paysage, visage d'un pays, commence à s'animer. Il raconte ce qui demeure des relations entre les hommes et le milieu naturel qu'ils ont façonné. Il parle enfin de ce qui se transforme, de ce qui disparaît, de ce qui préfigure l'avenir.

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