Antonio Porchia

  • " je n'ai trouvé qu'en antonio porchia une aussi haute coïncidence entre la sagesse de la vie et la sagesse du langage. il y a longtemps que j'ai renoncé à tenter de m'expliquer les causes de cette étrange convergence en un être de relative et même étroite culture formelle, et cela dans un temps où la sagesse est une dimension presque perdue... mais je n'ai pu renoncer, par contre, au sentiment que c'est seulement dans cette rare unité où équivalence du dire et de la vie que se donne la vraie sagesse. et là seulement aussi l'expérience et la littérature qui importent. " roberto juarroz antonio porchia vécut en argentine (1886-1968). homme simple et qui exerça divers métiers manuels, il n'écrivit dans sa vie qu'un seul livre, issu de cette vie même dont il consigne l'expérience extrême. a ce titre, voix est un des grands " documents spirituels " de notre temps.

    Dès 1949, roger caillois, à qui le livre est dédié, en avait publié, chez g.l.m., sous le même titre de voix, une première sélection. roger munier en donne aujourd'hui la première traduction intégrale.

  • Voix éparses

    Antonio Porchia

    " Les pensées de ce volume vont beaucoup plus loin que le texte écrit ; elles ne sont pas un aboutissement mais un commencement. Elles ne cherchent pas à produire un effet. Nous pouvons présumer que l'auteur les a écrites pour lui-même sans savoir qu'il traçait pour les autres l'image d'un homme solitaire, lucide et conscient du singulier mystère de chaque instant. " Jorge Luis Borges " Je crois que Porchia est sur la ligne fondamentale où se rejoignent la pensée et l'image, la poésie et la philosophie, dont la séparation artificielle constitue peut-être un de nos plus grands lests. " Roberto Juarroz Les Voix d'Antonio Porchia, dont nous publions ici une sélection, sont une oeuvre doublement unique : unique en ses genre, composition et histoire, mais aussi l'unique livre de leur auteur, qui fut diffusé " en secret " (à une époque qui ne disposait pas des facilités de communication actuelles) - et vénéré - avant même d'avoir été publié ! Nombreux sont les lecteurs, dans le monde entier, qui thésaurisent cette livraison comme un très grand privilège, un de ces cadeaux qui n'arrivent qu'une seule fois dans la vie. Avec ces Voix, le geste " rare " - dans tous les sens du terme - d'élaboration poétique, traduit en acte de donner, de partager, peut très bien être entendu dans toutes ses acceptions, y compris initiatique.
    "Mon livre, Voix, est quasiment une biographie. Qui est quasiment à tout le monde." disait Antonio Porchia, qui ajoutait humblement : "Je suis si peu en moi. " - peut-être parce qu'il était toujours en quelqu'un : seul ce qui est secret de cette façon peut dévoiler les autres secrets et - c'est là la clé - les unir entre eux : "La poésie unit, relie ; quand nous sommes, nous sommes des unions." Roger Caillois, qui a découvert l'oeuvre de Porchia dans l'Argentine des années 1940, qui l'a traduite et publiée en France, raconte : " J'ai trouvé l'oeuvre de Porchia à Buenos Aires [.]. Tout à coup, j'ai vu un livre très humble, et je ne sais quelle force fit que je m'arrêtai et commençai à l'examiner. Je ne voulais pas y croire, et je ne pus m'arrêter avant d'avoir fini de le lire. Après, j'ai essayé se savoir qui en était l'auteur; personne ne le connaissait, mais je l'ai rencontré. Et j'ai dit à Porchia : "J'échangerais contre ces lignes tout ce que j'ai écrit". "

  • Voici réunies, pour la première fois en édition française intégrale, les Voix d'Antonio Porchia, cette oeuvre exceptionnelle d'un "écrivain secret", au parcours éditorial atypique, dont Roger Caillois, son premier traducteur, a dit, lorsqu'il l'a découverte en Argentine dans les années 1940 : J'échangerais contre ces lignes tout ce que j'ai écrit.

    Ni aphorismes ni hallucinations ou visions mystiques, ces phrases donnent à entendre l'échange incessant qu'entretient avec lui-même un être "en disponibilité de penser" - "un homme solitaire, lucide et conscient du singulier mystère de chaque instant", comme le décrivait Borges.

    Et Roberto Juarroz : "Je crois que Porchia est sur la ligne fondamentale où se rejoignent la pensée et l'image, la poésie et la philosophie, dont la séparation artificielle constitue peut-être un de nos plus grands lests."

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