Théâtre et arts de la scène

  • « L'acteur, lorsqu'il crée son personnage est comme un cavalier qui part à la bataille sur son cheval... ou plutôt comme un cheval avec son cavalier, qui ressent le mouvement de son maître et subit les coups d'éperons. C'est un centaure. ».

    Il n'existe pas de « méthode Krystian Lupa » : il faudrait plutôt dire que, chez lui, « la méthode » résulte de la matière. Une méthode ferait de l'acteur un esclave de mécanismes déjà testés et que l'on répète, elle anéantirait la possibilité d'en apprendre plus sur nousmêmes, effacerait toute réflexivité. En quoi consiste alors l'apport de Lupa ? Comment aborder sa pédagogie ?
    C'est en interrogeant l'artiste et ses acteurs qu'Agnieszka Zgieb ouvre au lecteur des pistes de réflexion et dévoile le processus de création de spectacles qui ont fait le tour du monde car qui, mis à part Krystian Lupa lui-même, serait mieux placé pour parler de sa direction d'acteurs que celles et ceux qu'il a choisis, avec lesquels il passe tant de mois de répétitions et de représentations ?
    Chez Lupa, tout part de l'humain et du rêve. Voilà ce que nous livrent, dans ces entretiens, les acteurs polonais, lituaniens et français, ainsi que Krystian Lupa lui-même. Au croisement des manifestes, de la poésie et du témoignage intime, ces textes - richement illustrés de photographies de tournages et de répétitions - ont été obtenus grâce à la « complicité magique » que chacun d'entre eux entretient avec Agnieszka Zgieb.

  • Tant que le théâtre est en crise, il se porte bien », assurait Jean Vilar à la fin des années 1960. Provocation, boutade de cet homme de théâtre ? Bien au contraire, comme le montre cet essai qui renouvelle l'histoire des spectacles et contribue, plus largement, à une histoire sociale, culturelle et politique de la nation.
    Les discours autour de la « crise du théâtre », qui trouvent leurs prémices au siècle des Lumières, se déploient particulièrement à partir des années 1890, en lien avec l'industrialisation du secteur et la concurrence d'autres formes de loisirs. L'auteure étudie les discours eux-mêmes, leurs auteurs, et les acteurs qui les véhiculent, mais aussi et surtout, leurs effets dans les pratiques.
    Car ces discours, parfois mortifères et nauséabonds, puisant dans des registres pluriels - moral, politique, esthétique, économique ou social - ont profondément modifié les catégories de jugement, les répertoires, les comportements, les goûts des spectateurs et les politiques publiques.
    L'auteure consacre ses recherches à la France, qui entretient des relations passionnées avec le théâtre, tout en esquissant des comparaisons avec d'autres pays européens.
    Si ces discours de crise se sont ainsi perpétués, c'est aussi - et tel n'est qu'un des nombreux paradoxes apparents de cette histoire - parce qu'ils ont permis de forger une unité de groupe et de procurer une légitimité à ce petit monde, avant tout masculin, qui aime la controverse.
    Ce livre permet ainsi d'éclairer sur la longue durée les questionnements actuels autour des sentiments déclinistes.

  • À la suite d'une performance créée en 2018 avec le cinéaste Alain Cavalier, l'auteur Mohamed El Khatib a voulu revenir sur des thèmes évoqués au long de leurs échanges : la tendresse et la distance qu'ils cultivent à l'égard des acteurs.
    Figure à la fois fascinante et inquiétante, l'acteur est un objet de fantasmes associé à un métier précieux et précaire.
    À l'invitation de France Culture, Mohamed El Khatib initie une série de portraits d'acteurs et d'actrices qui ont marqué le théâtre ou le cinéma français : la série a été inaugurée le 18 juillet 2019 à l'occasion d'une lecture inédite avec Éric Elmosnino au Festival d'Avignon.

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  • Poème tragique sur le pouvoir destructeur de la beauté, Norma Jeane Baker de Troie, d'après Hélène d'Euripide, superpose deux figures mythiques, Hélène de Troie et Marilyn Monroe, née Norma Jeane Baker, un seul et même destin entre la cité antique et New York. Hélène et Marilyn, soeurs jumelles unies par une force mytho-poétique, icones de beauté, objets de fascination et destin unique malgré les quelques milliers d'années qui les séparent. Démultipliant les avatars et les effets d'illusion ou usurpation d'identités, Norma Jeane (alias Marilyn Monroe) prend aussi l'apparence de Truman Capote, écrivain et cinéaste américain aux milles excès, ultime superposition et mise en abyme de l'homme créateur et de sa créature, en pleine écriture d'un scénario qu'il « tente de sauver du mélodrame ».
    Janvier 2021 - 14/01/2021 - 64 pages - 11,6 cm x 18,7 cm - 13 € ISBN : 978-2-38198-011-9 Son mari Arthur (on pense à l'écrivain Arthur Miller avec lequel Marilyn fut mariée de nombreuses années), devient sous la plume incisive de Carson, roi de Sparte et de New York, « un homme qui croit à la guerre ».

  • Quelque chose est en train de changer dans les manières de pratiquer les arts vivants, d'en faire comme d'en voir, à tel point que l'on peut se demander si les vocables utilisés jusqu'alors pour définir ces activités-là, si particulières, offrent encore la possibilité d'en parler. Car, la représentation d'une histoire fictive, le conflit entre personnages et le déroulement destinal qu'ils impliquent n'intéressent plus les spectateurs dans la salle, ni non plus les acteurs, danseurs, performeurs ou acrobates sur la scène. Le regard des uns et le travail des autres ne se portent plus sur la représentation. Il est dirigé vers la présentation. Les pratiques scéniques d'aujourd'hui sont multiples, dans leurs factures, leurs dynamiques et même dans leur absence d'intentions imposées.
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  • Enfant de la province (Franche-Comté), fils d'ouvriers (usines Peugeot), Jean-Luc Lagarce voulut très tôt faire du théâtre. Avec quelques amis rencontrés au Conservatoire de Besançon, il fonde une jeune compagnie amateure, La Roulotte, qui deviendra professionnelle.
    C'est pour elle qu'il écrit ses premières pièces, met en scène, adapte, joue parfois et commence la rédaction d'un Journal qu'il tiendra jusqu'à la fin de sa vie, à 38 ans, mort du sida le 30 septembre 1995.
    Grand lecteur de romans, de journaux, dévoreur de films, son théâtre se nourrit de tout cela, mais d'abord de sa famille, de ses amis, de ses amants, mais encore de la vie théâtrale d'hier et d'aujourd'hui. La maladie, l'adieu avant la mort, le retour hantent son oeuvre de plus en plus fulgurante quand l'échéance approche, cependant si le sida habite son corps, le mot n'apparaît dans aucune de ses pièces. Reconnu de son vivant comme metteur en scène, il ne le sera pleinement comme auteur qu'après sa mort ou la scène révélera des chefs-d'oeuvre dont le plus connu Juste la fin du monde. Jean-Luc Lagarce est aujourd'hui un auteur culte, l'un des premiers auteurs contemporains français joués de par le monde et traduit en trente langues.

  • À travers des exercices d'improvisation, Alain Knapp propose une démarche graduelle et méthodique pour inviter les comédiens à se poser les bonnes questions face un canevas et à faire preuve de créativité sans pour autant tomber dans différents écueils tels que le pittoresque, l'anecdotique, le spectaculaire ou le "théâtral" à tout prix.

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