Passion poésie

  • Sa vie durant, Moravia a placé la poésie au plus haut. Pourtant, le romancier célébré dans le monde entier n'a jamais publié de recueil de son vivant. Les poèmes rassemblés dans cette édition bilingue, commentée par deux grands spécialistes de Moravia, constituent des documents exceptionnels qui témoignent, par la puissance de leurs images et leur concision formelle, d'une maîtrise de l'art poétique au coeur de l'entreprise autobiographique et de l'engagement politique de l'écrivain. Né en 1907, Alberto Moravia connaît un succès retentissant dès la publication de son premier roman en 1929, Les Indifférents. Une trentaine d'ouvrages suivront jusqu'à sa mort en 1990, parmi lesquels Le Conformiste, L'Ennui ou encore Le Mépris, chefs-d'oeuvre qui l'imposent comme l'un des maîtres incontestés des lettres italiennes.

  • Le désir en nous comme un défi au monde se veut un témoin de l'éclectisme de la création poétique actuelle. Ici, aucun courant poétique ni aucune doctrine littéraire ne font la loi.

    Adonis ; Olivier Barbarant ; Linda Maria Baros ; Joël Bastard ; Claude Beausoleil ; Tahar Ben Jelloun ; Zoé Besmond De Senneville ; Zéno Bianu ; Carole Bijou ; Alexandre Bonnet-Terrile ; Alain Borer ; Katia Bouchoueva ; Nicole Brossard ; Tom Buron ; Tristan Cabral ; Cali ; Rémi Checchetto ; William Cliff ; François De Cornière ; Cécile Coulon ; Charlélie Couture ; Laetitia Cuvelier ; Seyhmus Dagtekin ; Jacques Darras ; René Depestre ; Thomas Deslogis ; Ariane Dreyfus ; Michèle Finck ; Brigitte Fontaine ; Albane Gellé ; Guy Goffette ; Cécile Guivarch ; Cécile A. Holdban ; Philippe Jaffeux ; Maude Joiret ; Charles Juliet ; Vénus Khoury-Ghata ; Anise Koltz ; Petr Kral ; Abdellatif Laâbi ; Hélène Lanscotte ; Jean Le Boël ; Yvon Le Men ; Perrine Le Querrec ; Jérôme Leroy ; Sophie Loizeau ; Lisette Lombé ; Mathias Malzieu ; Guillaume Marie ; Sophie Martin ; Jean-Yves Masson ; Edouard J. Maunick ; Marie Modiano ; Marcel Moreau ; Emmanuel Moses ; Anne Mulpas ; Bernard Noël ; Carl Norac ; Serge Pey ; Paola Pigani ; Eric Poindron ; Joseph Ponthus ; Jean Portante ; Jean-Luc Raharimanana ; Suzanne Rault-Balet ; Florentine Rey ; Zachary Richard ; Jacques Roubaud ; Valérie Rouzeau ; James Sacré ; Florence Saint-Roch ; Eric Sarner Eugène Savitzkaya ; Jean-Pierre Siméon ; Jean-Luc Steinmetz ; Frédéric Jacques Temple Mila Tisserant ; Milène Tournier ; André Velter ; Laurence Vielle ; Yolande Villemaire ; Thomas Vinau ; Pierre Vinclair ; Sanda Voica.

  • « Quand il écrit sur lui-même, / il écrit sur un autre. / Dans ce qu'il écrit, / il a disparu ».
    De son « Opus incertum » à « Éventuellement », qui clôt ce recueil, Hans Magnus Enzensberger fait de l'acte poétique l'expression du sens mystérieux des aspects de l'existence, associant continûment de sombres éclats à des visions familières, mêlant les images des orages et des éclaircies, des aubes et des nuits jusqu'à leur point de dissolution.

    Avec ce choix de 78 poèmes couvrant plus de trois décennies, tour à tour ironiques, « déplaisants », comme il a pu les qualifier lui-même, parce que sapant les puissances établies sur le mensonge et le renoncement, mais aussi déconcertants et réconfortants, mélancoliques et enjoués, il livre une pensée profonde d'une apparente sérénité sur son exploration des limites de l'esprit et de la matière.

  • Gary Snyder

    Kenneth White

    Biorégionalisme, bouddhisme zen, poésie chinoise, sens des lieux, animalité, métaphysique... : plus la pensée écologiste se développe, et plus l'oeuvre de Snyder, riche de résonances contemporaines, apparaît comme prophétique.
    Cette oeuvre fertile est indissociable d'une vie marquée notamment par la participation au mouvement beat, par une décennie au Japon comme moine bouddhiste, et par l'engagement dans un lieu et un engagement communautaire, une vallée retirée de Californie.
    Sa sortie du système social, culturel et économique occidental apparaît comme un geste fondateur de l'écologie.
    Par sa proximité sensible et théorique avec Snyder, Kenneth White restitue ici comme personne les grandes lignes d'un destin où les motifs biographiques se mêlent aux motifs poétiques et politiques.
    Cette biographie poétique constitue à la fois une porte d'entrée et un complément à son oeuvre.

  • Je te fais signe à travers les flammes.
    Le Pôle Nord a changé de place.
    La Destinée Manifeste n'est plus manifeste.
    La civilisation s'autodétruit.
    Némésis frappe à la porte.
    À quoi bon des poètes dans une pareille époque?
    À quoi sert la poésie ?
    L'imprimerie a rendu la poésie silencieuse, elle y a perdu son chant. Fais-la chanter de nouveau !
    Si tu te veux poète, crée des oeuvres capables de relever les défis d'une apocalypse, et s'il le faut, prends des accents apocalyptiques.
    Tu es Whitman, tu es Poe, tu es Mark Twain, tu es Emily Dickinson et Edna St Vincent Millay, tu es Neruda et Maïakovski et Pasolini, Américain(e) ou non, tu peux conquérir les conquérants avec des mots.
    Si tu te veux poète, écris des journaux vivants. Sois reporter dans l'espace, envoie tes dépêches au suprême rédacteur en chef qui veut la vérité, rien que la vérité, et pas de blabla...

    Recueil inédit en français. qui a déjà vendu plus de 10.000 ex aux USA! A 93 ans, le grand auteur et éditeur de la Beat Generation ressent le besoin d'une adresse aux jeunes poètes dans un monde au bord d'un grand renouveau. C'est ainsi qu'il insuffle joie, esprit de combat, avec un maître-mot : Insurrection comme synonyme d'art poétique et d'art de vivre ! Dans ce livre, se retrouve aussi un work in progress historique : le texte «What is poetry?» une énumération - définition/anti-définition de la poésie.

  • À Caltagirone [en Sicile], cette manière de penser [révolutionnaire] et les luttes, on les doit aux femmes. Poétique, tumultueuse et chorale, l'histoire de la lutte interminable pour la création de la section féminine du PCI (Partie Communiste Italien) de Caltagirone se déroule comme une représentation populaire, bien qu'elle parle d'événements réels. Concetta La Ferla - leader du peuple et proto-féministe qui pendant trente ans a été la protagoniste absolue de la lutte de classe et de la libération des femmes en Sicile - les incarnent avec une voix ancienne de conteuse, capable de restituer à ces événements toute la force mythologique et allégorique qu'ils avaient pour celles et ceux qui les ont vécus.
    Lutte contre le besoin, désir de liberté, soif de justice :
    Mais aussi rêve du bonheur. Le rêve de la révolution.
    Maria Attanasio réussit spectaculairement cette mise en scène écrite.
    L'histoire mémorable de Concetta et ses femmes existe parce qu'elle prend la forme d'un livre, des plus insolites par la manière même d'être conçu, grâce aux talents de l'écrivaine Maria Attanasio qui enregistre et transcrit et donne une seconde vie (et immortelle) à la voix espiègle de la protagoniste, Concetta La Ferla - Maria écrit, Concetta raconte. C'est un livre inclassable : il est autobiographique, mais pas vraiment; il a une valeur historique, littéraire et documentaire, mais intimement. C'est le livre d'une vie et sa raison d'être est une question de responsabilité : quand le passé de la mémoire a besoin du présent de l'écriture pour exister, quand la parole politique fait appel à la voix de la narration pour résister.
    C'est donc un texte qui entre parfaitement dans notre collection « contre-attaque » qui publie une littérature plus ouvertement mêlée à la politique et à l'histoire, et c'est un volume qui forme presque un couple (bien étrange) avec celui de Bei Dao dernier publié dans cette collection, puisque les deux sont des récits de mémoire(s) et autobiographiques écrits par des poètes.

  • Dans Plus grand que les faits il est question de cigarettes, d'incendies, d'une rencontre entre un homme et une femme, de la passion qui s'ensuit, de chiens, d'un hôtel, d'une guerre, d'un canari. Au fur et à mesure que l'on avance dans la lecture, peu à peu, les motifs se précisent et dessinent une narration ad minima. Un peu comme dans un film dont le montage serait entièrement du ressort du lecteur (le cinéma de Tarkovski, de Haneke ou de Bunuel, sont des références importantes pour l'auteur). En ce sens Plus grand que les faits tient à la fois du recueil et du long poem - ce qui est particulièrement rare dans le champ de la poésie hollandaise.
    Atypique, aussi étrange que par endroits familier, ce recueil de Jan Baeke est considéré comme une véritable pierre d'angle de la poésie hollandaise d'aujourd'hui. Il fut ainsi dès sa sortie en 2008 sur la liste de nombreux prix, dont le très important VSB Poëzieprijs.

  • La voix pleine de sourires et pleine de larmes Sincère comme ce père noir qui repart en pleurs d'un parloir J'ai eu la chance quelque part d'avoir été sauvé par l'art oratoire Ce volume se compose des textes de l'album L'Hiver peul mais aussi de nombreux poèmes inédits de Souleymane Diamanka. L'auteur jongle avec les mots, les fait « métisser ». Sa poésie prêche l'oralité, apparie avec finesse ses cultures peule et européenne, parce qu'il est fier d'être « habitant de nulle part et originaire de partout », dépositaire d'un chant intemporel, d'un appel à l'Amour, à la Tolérance et à la connaissance de l'Autre.

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  • Parions que les lecteurs assidus d'Erri De Luca ne s'étonneront pas de son entrée dans la collection Poésie/Gallimard tant sa prose déjà signale constamment en lui le poète. Le présent volume qui reprend les poèmes d'Aller simple (Du monde entier) auxquels nous avons adjoint L'hôte impénitent dans son intégralité, donnera en outre à lire des poèmes inédits spécialement choisis par l'écrivain pour cette édition. Si Aller simple évoque d'abord l'épopée tragique des migrants qui tentent de rejoindre le sol italien et le destin des désespérés qui affrontent la violence de la mer et de l'indifférence, on y lira bien plus qu'un plaidoyer militant. La poésie de De Luca, portée par son humanisme engagé, proche dans sa sobriété et sa ferme clarté de celle de Primo Levi par exemple, trouve aussi son propos, comme son oeuvre en prose, dans l'évocation de la guerre, de l'amour, de la liberté perdue, de la terre d'Italie et n'exclut pas l'expression heureuse de l'existence dans sa sensualité.

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  • " La valise serrée contre ses jambes, il avait laissé ses pensées prendre le large pour apaiser l'angoisse que faisait monter en lui la présence des militaires. Pas un carnet dans la valise, pas un crayon qu'on lui aurait immédiatement confisqué. Non, mais des poèmes par centaines, dans la tête et dans le coeur, que rien ni personne ne parviendrait à lui enlever. Quelle chance, après tout, d'avoir choisi la poésie, et non la peinture ou le piano ! Dans les camps, dans les prisons où on les jette, le peintre privé de toiles et de pigments vit un enfer, le musicien sans piano se voit amputé de la meilleure part de lui-même, mais moi, poète sans stylo, ni papier, de quoi me prive-t-on que je ne puisse trouver en moi ? Les doigts coupés, la langue arrachée, je continuerais à sentir la vibration du poème.
    Elle est la corde tendue de mes nerfs. Ma résistance".

  • A

    Louis Zukofsky

    • Nous
    • 6 Novembre 2020

    Livre culte, oeuvre majeure de la litte´rature ame´ricaine du vingtie`me sie`cle et aboutissement d'un immense travail de traduction qui aura dure´ une vingtaine d'anne´es, « A » est enfin accessible en franc¸ais dans son e´dition inte´grale.
    Chef-d'oeuvre de Louis Zukofsky et sommet de l'objectivisme, la publication de « A » est l'e´ve´nement poe´sie de ces dernie`res anne´es.

    Zukofsky disait de « A » : « ces mots sont ma vie » - il y aura consacre´ quarante cinq anne´es de travail.
    Oeuvre majeure de la modernite´ ame´ricaine, « A » peut e^tre lu a` la fois comme un manifeste, le te´moignage d'une vie traverse´e par les espoirs et les de´sastres du sie`cle dernier, une que^te de l'amitie´ (Ezra Pound, William Carlos Williams) et un chant d'amour pour sa femme Celia. Dans « A » se me^lent inextricablement la vie de Louis et de sa famille, les e´ve´nements historiques du vingtie`me sie`cle, la musique, une re´flexion morale et politique hante´e par la pre´sence textuelle de Marx et Spinoza. Les 24 sections qui composent « A » - 24 comme les heures d'une journe´e - re´ve`lent une me´thode de composition d'une grande audace, qui alterne le vers rime´, le vers libre, le collage, la correspondance, les citations, l'e´criture the´a^trale, l'e´criture musicale...
    Le mode`le prosodique demeure le vers de Shakespeare, son mode`le rythmique, l'art de la fugue et du contrepoint de Bach.

  • Voici réunies, pour la première fois en édition française intégrale, les Voix d'Antonio Porchia, cette oeuvre exceptionnelle d'un "écrivain secret", au parcours éditorial atypique, dont Roger Caillois, son premier traducteur, a dit, lorsqu'il l'a découverte en Argentine dans les années 1940 : J'échangerais contre ces lignes tout ce que j'ai écrit.

    Ni aphorismes ni hallucinations ou visions mystiques, ces phrases donnent à entendre l'échange incessant qu'entretient avec lui-même un être "en disponibilité de penser" - "un homme solitaire, lucide et conscient du singulier mystère de chaque instant", comme le décrivait Borges.

    Et Roberto Juarroz : "Je crois que Porchia est sur la ligne fondamentale où se rejoignent la pensée et l'image, la poésie et la philosophie, dont la séparation artificielle constitue peut-être un de nos plus grands lests."

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