Avec PIPOL 10 / Société 2

  • Contrairement à ce qu'affirment tous les fondamentalismes, la transmission d'un héritage ne doit pas être une réplication à l'identique. Elle dépend d'une infidélité partielle, garante de surgissements inattendus, aujourd'hui comme hier.
    Mariant filiation et rupture, la tradition juive ne se renouvelle qu'en étant bousculée et nourrie par sa rencontre avec d'autres. Delphine Horvilleur illustre brillamment cette vision ouverte de la religion et revisite, loin des interprétations convenues, quelques épisodes fameux de la Genèse. Elle montre aussi sa capacité à repenser les grands problèmes contemporains à partir de la tradition rabbinique.
    Procédant avec clarté et humour, elle aborde successivement trois thèmes : comment, selon le judaïsme, se fabriquent un parent, une identité et un désir, c'est-à-dire la possibilité d'enfanter l'avenir.
      Pétillant d'intelligence. Jean-François Birker, La Croix.

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  • Le slogan féministe des années 1970 « Un enfant quand je veux, si je veux » résonne encore aujourd'hui. Il pose la question de la liberté de choix dans l'espacement des naissances, dans la décision des femmes d'être mère. Il interroge peu le choix de ne pas être mère. Pourtant, elles sont nombreuses à avoir fait le choix d'une vie sans enfant. Face à « l'évidence du naturel », devant l'injonction moderne au désir d'enfant, ces femmes sont souvent qualifiées de déviantes, d'anormales, d'égoïstes. Ne pas avoir d'enfant par choix demeura longtemps un impensé, y compris dans la recherche scientifique. Depuis plusieurs années, des mouvements et des groupes antinatalistes radicaux se font remarquer sur la scène médiatique par des déclarations fracassantes, des happenings ou des événements. Ceux et celles qu'on appelle désormais les « croisés de la dénatalité » se font plus visibles et revendiquent publiquement leur non-désir d'enfant. Ils et elles avancent des arguments démographiques, politiques ou écologiques. En même temps, des essayistes comme Élisabeth Badinter dénoncent une pression croissante pesant sur les femmes pour les inciter à devenir mères et à une renaturalisation de la maternité. Par ailleurs, l'expérience de la maternité elle-même se transforme et se diversifie. Ainsi, des mouvements qui ont longtemps rejeté l'institution de la famille ont récemment demandé d'y avoir accès. On le voit, la maternité et le refus de celle-ci sont au coeur de nombreux débats contemporains.
    Ce numéro de Sextant interroge ces mouvements et ces débats autour de la non-maternité, en définit les contours et interroge le passé afin de mieux cerner les questionnements actuels. Que signifie ne pas être mère aujourd'hui ? Quels jalons et événements ont rendu ce choix possible dans la société d'aujourd'hui ?

  • Les personnes sans enfant, et parmi elles, les femmes, constituent désormais un pourcentage non négligeable de la démographie nationale de nombreux pays européens et nord-américains, pouvant aller jusqu'à 20% de la population totale. La spécificité actuelle de ce phénomène est qu'elle est le fait de personnes et de femmes qui ne sont contraintes ni par leur statut de célibataire par exemple, ni par leur engagement dans les ordres religieux. Elle devient un choix, parfois même une cause. Celles et ceux que les anglo-saxons appellent désormais childfree, et non plus childless, trouvent en effet dans le contexte social et culturel contemporain un écho plus accueillant que ne pouvait l'être une pratique jugée hier asociale.

    Quoique la qualification de « volontaire » soit sujette à discussion dans maints cas, notamment lorsque les personnes se trouvent sans enfants après en avoir retardé l'échéance, le phénomène mérite d'être interrogé sous divers éclairages - démographiques, sociologiques, psychologiques, économiques également - et situé dans les contextes nationaux dans lequel il émerge.

    Une dimension en particulier est développée ici, à savoir les rapports réciproques entre la présence féminine dans la sphère professionnelle et l'accroissement du nombre de femmes sans descendance. Le renoncement à la maternité ou son refus sont-ils la condition sine qua non pour que se réalise l'égalité de carrière entre hommes et femmes ? Le choix professionnel précède-t-il celui de ne pas avoir d'enfant ou bien ce dernier donne-t-il à l'investissement professionnel des opportunités accrues ?

  • Les mères ont-elles une histoire ? Les sciences humaines ne s'y intéressent qu'indirectement pour comprendre les transformations de la famille ou les varia- tions de la fécondité. Peut-être cette histoire est-elle encore sujet de débats :
    La fonction maternelle absorbe l'individualité de la femme, et la « production » d'enfants demeure toujours un enjeu de pouvoir.

  • Hélène est dans l'incompréhension totale d'elle-même après un cancer du sein. Adèle, hospitalisée en raison de son anorexie, évoque son refus de manger comme une sensation de toute-puissance face à sa vie. Aurore, une adepte des chirurgies esthétiques, cherche, depuis son enfance, une solution à son malaise. Mathilde, petite fille agénésique dotée d'une prothèse, affole son entourage par une hyperactivité et des passages à l'acte.
    Les quatre destins féminins présentés dans cet ouvrage rappellent combien la question de la sexualité féminine, irrésolue par Freud, garde toute sa pertinence et son actualité, même si l'évolution des moeurs donne souvent l'illusion que, maquillée par l'oeil de la culture, elle a changé et est désormais résolue. Or rien n'est plus questionnable en psychanalyse que l'idée de clarté pour qualifier la sexualité, féminine ou masculine.

  • " 1. L'accouchement : une torture / 2. Trop cher / 3. L'enfant : un tue-le-désir / 4. L'occuper : un casse-tête... " Enfin, quelqu'un ose écrire ce que la plupart des parents pensent tout bas... lorsque leur progéniture est couchée ! Dans cet ouvrage jubilatoire et politiquement incorrect, Corinne Maier s'attaque à l'un des tabous les plus intouchables de notre société : l'enfant. Lassée par les discours conformistes et la littérature abondante louant les joies de la maternité ou la parentalité rayonnante, l'essayiste rebelle dégaine quarante bonnes raisons de ne pas succomber à la tentation de l'enfantement.

  • La mère est une femme qui a mis un enfant au monde : telle en est la définition minimale et purement biologique. En effet, si la maternité a pu être vécue, ou présentée, comme un destin, une vocation, voire une fatalité, les découvertes scientifiques autant que l'évolution des moeurs et les transformations de la société en font une capacité propre à la femme, capacité qu'elle pourra sans doute choisir d'exercer, mais qui ne l'oblige en rien.
    Support d'un imaginaire qui a nourri la littérature, la mère est une figure construite historiquement et sociologiquement. C'est l'ordre chronologique qu'a choisi Patricia Ménissier pour saisir cette figure centrale de l'imaginaire européen : du XVIIIe siècle, période charnière où le statut de la femme et la question de l'éducation sont débattus, à nos jours, où la maternité prend de multiples formes.
    Autant de tentatives de rapprochement et de dissociation entre deux identités, celle de la femme et celle de la mère, longtemps confondues et qui tendent à se distinguer de plus en plus. Saisir les diverses actualisations de la figure maternelle, et mesurer les conséquences de ces bouleversements sur les représentations et la place des mères dans la société actuelle, tel est le propos de ce livre qui ouvre sur une définition plurielle de la mère et de l'" être mère " aujourd'hui.

  • C'est en 1956 que le Mouvement français pour le planning familial (MFPF) commence son combat pour rendre aux femmes la maîtrise de leur corps.
    Dans les années 1960, ses militantes luttent pour obtenir la légalisation de la contraception. Face à un pouvoir conservateur, elles sont alors contraintes à l'illégalité et ne reculent devant aucun risque pour franchir cette première étape sur le chemin de l'émancipation des femmes. Dans les années 1970, le Planning opte à nouveau pour l'action subversive : il n'hésite pas à pratiquer dans ses permanences des avortements clandestins, avec pour ambition de faire pression sur le gouvernement et d'obtenir une loi autorisant l'avortement.
    Depuis 1956, toutes les générations de femmes aux commandes du MFPF ont ainsi fait preuve d'un courage et d'une détermination sans limites pour ébranler le système qui, depuis des siècles, maintient les femmes dans un rôle de subalternes. Avec une énergie et une volonté intactes, les féministes du Planning poursuivent aujourd'hui leur lutte, en s'attaquant aux oppressions les plus souterraines dont les femmes sont encore victimes, en combattant les stéréotypes et les comportements sexistes et en tentant de briser la loi du silence qui étouffe le drame des violences faites aux femmes.
    Dans cet ouvrage passionnant et extrêmement documenté, les militantes racontent ce combat qu'elles livrent depuis un demi-siècle à la domination masculine, à ses lois et à ses mentalités. Des photographies inédites viennent illustrer leurs propos.

  • Devenir mère est désormais pour les femmes quelque chose qu'elles souhaitent contrôler et planifier, pour lequel elles s'organisent.

    Du chemin a été parcouru, mais tout n'est pas encore parfait, loin s'en faut. Ce qui manque encore trop souvent, ce sont des mesures qui permettent de concilier le temps du travail et le temps de la famille. Autrement, on crée des femmes acrobates, qui s'épuisent à force de bondir de la crèche au bureau, puis du bureau à la crèche et ensuite à la maison.

    Ce livre raconte de manière très illustrée le parcours de toutes ces femmes qui, aujourd'hui, utilisent les progrès de la science pour contrôler leur fertilité, mais aussi pour faire un enfant à un moment qui est décidé par elles, et non plus lorsque cela vient tout seul, par la nature.

    Reste toutefois à harmoniser le temps social et le temps biologique pour que la grossesse demeure une joie et l'enfant un bonheur.

  • Pierre Simon, médecin, gynécologue, premier français expert en sexologie, a lutté tout au long de sa vie pour changer les consciences et la société. Son nom revient avec insistance quand est évoqué aujourd'hui le droit des femmes à disposer de leur corps.

    Initiateur en France de l'accouchement sans douleur et de l'éducation sexuelle, cofondateur du Planning familial, artisan infatigable de la légalisation de la contraception et de la dépénalisation de l'avortement, Pierre Simon pensait que la vie humaine était avant tout une succession de choix, de la décision de donner la vie au droit de mourir dans la dignité.

    De Metz, où il est né en 1925, à Londres, en 1963, d'où il revient les valises chargées de diaphragmes contraceptifs, de la Résistance, où il s'engage à 17 ans, au Sain-Germain-des-Prés des écrivains et des peintres, et à la Grande Loge de France dont il deviendra Grand Maître, mais encore et surtout de l'URSS de 1953, où il découvre l'accouchement sans douleur, aux cliniques de Pigalle et aux premiers services publics proposant l'avortement, le roman d'une vie menée tambour battant pour libérer les corps, les esprits et la société.

  • Cet ouvrage est né au moment où Richard Pottier disparaissait. C'est son dernier voyage. Celui-ci nous emporte, dans un rythme ressemblant à une promenade, dans le monde de la bioéthique. Critique, philosophe, Richard aborde les grands thèmes avec sa bienveillance et son humanisme. Au-delà d'une immersion dans le monde de la bioéthique. Il nous fait partager les préoccupations d'un grand observateur des mondes des sciences médicales. Dans sa postface, il ouvre des portes de réflexions qui sont tellement importantes au moment où l'auteur n'est plus, mais que la pandémie persiste. En fidèle de Montaigne, Richard nous aide à apprendre à vivre. Il soutient le lecteur dans sa quête du sens, il redonne des couleurs aux valeurs de la vie et lui apprend à mourir. Le voyage explore le corps, la personne, le rapport au corps, se poursuit dans les débats éthiques autour de la procréation, du don, de la fin de vie et se termine dans les étoiles de la médecine « méliorative » allant de l'eugénisme au transhumanisme, en passant par des questionnements intelligents sur l'intelligence artificielle.
    L'auteur

  • La reine-mère, chef politique, le prince consort, chef militaire et gardien des moeurs, et leurs enfants, tour à tour guetteurs, baby-sitters, juges de paix, chair à canon et troupes de choc : telle est la famille idéale des mangoustes, ces petits prédateurs intelligents et attachants. Un chef-d'oeuvre d'observation, d'analyse et de description, par une éthologue formée par Konrad Lorenz.

  • Henri Roorda s'est opposé toute sa vie à une école autoritaire qui impose des schémas scolaires stériles, décourageant le désir de connaissance de la jeunesse.
    Pour célébrer le centenaire de la parution du Pédagogue n'aime pas les enfants, les éditions HumuS en publient le fac-similé, accompagné d'une introduction de Marianne Enckell et d'une étude de Doris Jakubec. Images inédites, bibliographie exhaustive, témoignages d'anciens élèves du professeur de mathématiques agrémentent le volume.

  • La fabrique des bébés Entre la loi sur le mariage gay, les difficultés d'adoption, et la demande croissante de la GPA (gestation pour autrui), la recherche de mères porteuses et de dons d'ovocytes explose, Célibataire ou en couple, homo ou hétéro, tout le monde peut aujourd'hui avoir un enfant. À condition d'y mettre le prix. Car la GPA, aujourd'hui autorisée dans une dizaine de pays, est aussi un business. Sans a priori idéologique, cette enquête mondiale donne la parole aux mères porteuses, aux parents demandeurs et à leurs enfants, qui racontent leur parcours. Après avoir été journaliste économique, puis correspondante aux États-Unis, Natacha Tatu est aujourd'hui grand reporter au service étranger de L'Obs.

  • Cet ouvrage ouvre à la compréhension nuancée des multiples vécus de ces femmes. Certaines ont choisi de ne pas avoir d'enfants, d'autres n'ont pas eu le choix. Certaines l'assument parfaitement, d'autres en souffrent profondément. Dans les deux cas, une autre fécondité peut se développer et être source d'épanouissement.

  • Dans les années 1960-1970, l'État français encourage l'avortement et la contraception dans les départements d'outre-mer alors même qu'il les interdit et les criminalise en France métropolitaine. Comment expliquer de telles disparités ?
    Dès 1945, invoquant la « surpopulation » de ses anciennes colonies, l'État français prône en effet le contrôle des naissances et l'organisation de l'émigration. Partant du cas emblématique de La Réunion où, en juin 1970, des milliers d'avortements et de stérilisations sans consentement pratiqués par des médecins blancs sont rendus publics, Françoise Vergès retrace la politique de gestion du ventre des femmes d'outre-mer, stigmatisées en raison de la couleur de leur peau.
    En s'appuyant sur les notions de genre, de race, de classe dans une ère postcoloniale, l'auteure entend faire la lumière sur l'histoire mutilée de ces femmes d'outre-mer, héritage douloureux d'un système esclavagiste, capitaliste et colonialiste encore largement ignoré aujourd'hui.

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  • La bioéthique est née des progrès médicaux d'une part et de la nécessité de se prémunir contre toute répétition des horreurs pratiquées par les expérimentateurs nazies d'autre part. Cela a conduit à des règles très diversement définies dans les différents pays. La France est sous un régime éthique caractérisé par un dirigisme important et des responsabilités confiées essentiellement aux professionnels. Dans ce livre, il est proposé d'ouvrir un peu plus le champ de la responsabilisation individuelle, de privilégier les droits du malade et d'accroître le respect de la liberté (encadrée) de chacun. En pratique, cela implique notamment moins de restriction dans la possibilité pour les malades en fin de vie de choisir la modalité de leur mort.

  • "Notre humanité a toujours été fascinée par ses origines. La PMA et le don de gamètes bouleversent notre rapport à la conception et jamais la question millénaire de nos origines n'a été aussi vive. L'anonymat du don de gamètes qui était, avec le volontariat et la gratuité, la pierre angulaire de la création des premières banques de sperme en France, doit-il être maintenu ? Aujourd'hui, on estime entre 70 000 et 80 000 le nombre de Françaises et de Français à être nés d'un don anonyme.
    Actuellement, dans le cadre de la révision institutionnelle des lois de bioéthique, il est question de permettre à ces personnes d'accéder à l'identité de leur donneur ou de leur donneuse et cette perspective génère de fortes résistances. Engagé en faveur du droit aux origines, Stéphane Viville s'empare du débat de façon pédagogique pour l'éclairer d'un point de vue historique, technique et juridique, tout en donnant des clés pour comprendre ses enjeux d'un point de vue sociétal.
    Avec une préface du Dr René Frydman Stéphane Viville est professeur à la faculté de médecine à Strasbourg. Spécialiste de biologie de la reproduction et de génétique, a l'origine de nouvelles technologies de FIV (fécondation in vitro), il intervient régulièrement dans les médias et auprès des pouvoirs publics."

  • Parce qu'ils avaient laissé mourir faute de soins leur quatrième enfant, Ginette et Claude Bac furent condamnés à sept ans de réclusion en juin 1954. Cassé pour vice de forme, le jugement fut finalement ramené à deux années. La gynécologue Marie-Andrée Lagroua Weill-Hallé témoigna en leur faveur, avant de fonder la Maternité heureuse, qui devint le Mouvement pour le planning familial.

    L'affaire Bac, citée comme étant à l'origine des mouvements en faveur de la contraception, restait pourtant méconnue. Les auteures racontent le drame de ce jeune couple ouvrier de Saint-Ouen, des « gens sans importance » que des grossesses rapprochées ont accablé. Elles montrent comment ce désolant fait divers, repris par les partisans de la légalisation de la contraception, a brisé un tabou et mis au jour la souffrance des femmes. Le débat public ouvert à cette occasion ne s'est refermé qu'en 1967, avec la loi Neuwirth.

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