Avec PIPOL 10 : Société

  • D'où naissent les enfants ? On le sait moins que jamais aujourd'hui.
    François Ansermet, spécialiste des procréations médicalement assistées, nous ouvre dans ce livre les portes de son cabinet et nous parle des cas très concrets qu'il y rencontre de plus en plus souvent.
    C'est une réalité désormais : autour de la naissance d'un enfant, il y a beaucoup plus de monde que simplement deux parents. Dans certains cas, outre le père et la mère, il arrive qu'on trouve la femme qui a réalisé la gestation pour autrui, le donneur de sperme, la donneuse d'ovule ou encore la donneuse d'un utérus greffé - sans compter les médecins et les biologistes de la reproduction.
    Les progrès de la science créent un monde nouveau, un monde totalement fabriqué. Au fur et à mesure de ces avancées, on est confronté à une réalité inédite, difficile à penser, difficile à dire.
    Jusqu'où peut-on aller ? Jusqu'où allons-nous aller ?

  • Les possibilités en matière de prédiction génétique, ouvertes par les technologies biomédicales, suscitent à la fois espoir et inquiétude. Elles soulèvent également d'importants enjeux subjectifs car elles interrogent profondément notre rapport à l'origine et notre conception du possible. François Ansermet s'appuie à la fois sur les questions cliniques sus citées par l'usage de la prédiction génétique et sur des références littéraires et mythologiques pour interroger les bouleversements produits et ouvrir une réflexion sur l'impact de ces avancées biotechnologiques.
    Ce que révèle la clinique, c'est que l'origine peut sans cesse être rejouée dans les tourbillons du devenir. L'enfant ne cesse de s'inventer à travers ses propres réponses, singulières et ina ttendues. Entre le passé et le futur, la béance du présent offre à chaque sujet la possibilité d'un acte qui l'amène au-delà de ce qui avait été prédit.
    L'enfant, par ses choix, résiste à ce qui le détermine : son devenir reste imprévisible.
    Mais du mythe de l'oracle aux cas les plus contemporains de prédiction génétique, l'enfant à naître, dès lors qu'une société prétend le « prédire », nous oblige à une vigilance critique sur le statut des possibles aujourd'hui.

  • Depuis quelques années, un débat virulent se développe autour de questions relevant de la bioéthique, des techniques de procréation et du diagnostic des maladies génétiques. L'eugénisme constitue l'un des éléments récurrents, et fondamentaux, de ce dialogue complexe entre les sciences exactes, la médecine, le droit et l'éthique. Néanmoins, si l'on entend prononcer nombre de mots savants, mais également une profusion de jugements moraux et de discours catastrophistes, il est difficile pour le grand public de savoir de quoi on parle : qu'est-ce précisément que l'eugénisme ? Comment définir d'une manière claire et univoque cette démarche qui désigne étymologiquement " l'amélioration de l'humanité dans ses caractères transmissibles aux générations suivantes " ? C'est à ce sujet peu connu, qui évoque pour nos contemporains les méthodes de la barbarie nazie mais concerne en fait toute la société, que cet ouvrage consacre une étude extrêmement complète, riche d'arguments historiques, juridiques, philosophiques et scientifiques.

  • Cet ouvrage cherche à retisser les liens unissant éthique et médecine, distendus par l'avènement de la bioéthique. Si cette nouvelle figure de la responsabilité éthique, à l'allure d'une déontologie défensive, assure une protection de la dignité des patients des risques de dérives, elle tend cependant à compromettre le primat de l'engagement moral du médecin face à l'appel à l'aide mobilisant un soin relationnel, nourri par un dialogue interhumain de confiance, sans lequel le fondement éthique de l'activité clinique serait dénué de tout point d'appui authentique.
    Comment dès lors repenser une clinique portée par une éthique qui articule ces deux figures du soin irréductibles l'une à l'autre et pourtant indissociables dans la pratique de la médecine ? Pour relever ce défi, cet ouvrage, puisant aux sources des pensées de Paul Ricoeur et d'Emmanuel Lévinas, propose une philosophie du soin animée par une éthique de l'hospitalité et de la disponibilité, qui intègre ces deux figures paradoxales du soin en les articulant dans le cadre de l'exercice d'une sagesse pratique.

  • La maternité symbolique a toujours existé : mettre au monde des idées, des oeuvres d'art, des livres, l'enfant intérieur ; aider à grandir, prendre soin de l'autre, guérir les âmes... La culture patriarcale le sait qui a limité cette maternité symbolique aux figures de Vierges rédemptrices et miséricordieuses, entretenant la séparation entre le corps (maternel) et l'esprit (divin). Ce qui explique pourquoi la maternité symbolique est si peu connue.
    Si, dans les années 1970, on a pu croire que l'accès des femmes à la maitrise de leur fécondité allait permettre de vivre enfin la libre maternité, il a fallu déchanter. Les techniques de procréation artificielle ont repris le contrôle du corps des femmes, réactivant la hantise de la stérilité tout stigmatisant les femmes qui n'ont pas d'enfants.
    Des cultes aux déesses mères à la maïeutique Socratique en passant par Thérèse d'Avila, Jeanne Guyon ou, plus près de nous la Mère d'Auroville, Niki de Saint Phalle, l'éco-féminisme et les Chamanes, Marie-Jo Bonnet ouvre le débat en démontrant que la maternité symbolique fait partie de l'expérience universelle. Elle est la fois une alternative à la maternité obligatoire et un moyen d'exprimer son élan créateur, qu'il soit mystique, artistique ou guérisseur.

  • L'homme partage plus de 98 % de ses gènes avec le chimpanzé pygmée et le chimpanzé commun.
    On en mesure habituellement peu les implications. Le langage, l'art, la technique et l'agriculture - qui distinguent ce "troisième chimpanzé" - sont le fruit d'une évolution non pas seulement anatomique, mais également comportementale : le faible nombre de petits par portée, les soins parentaux bien au-delà du sevrage, la vie en couple, l'espérance de vie, la ménopause particularisent le cycle vital de l'homme.
    À quel stade le troisième chimpanzé fit-il le saut quantique en matière de réussite évolutive, avec l'acquisition de l'aptitude au langage, il y a moins de cent mille ans? Depuis lors l'animal humain déploie tous ses traits particuliers - notamment son aptitude unique à détruire massivement son genre et les écosystèmes, à ruiner la base même de sa propre alimentation. Génocide et holocauste écologique posent désormais la question cruciale de l'extinction de l'espèce humaine, à l'instar de milliards d'autres espèces disparues au cours de l'histoire de l'évolution.

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  • La question : « Comment des sociétés ont-elles disparu dans le passé ? » peut aussi se formuler : « Au rythme actuel de la croissance démographique, et particulièrement de l'augmentation des besoins économiques, de santé et en énergie, les sociétés contemporaines pourront-elles survivre demain ? » La réponse se formule à partir d'un tour du monde dans l'espace et dans le temps - depuis les sociétés disparues du passé (les îles de Pâques, de Pitcairn et d'Henderson ; les Indiens mimbres et anasazis du sud-ouest des États-Unis ; les sociétés moche et inca ; les colonies vikings du Groenland) aux sociétés fragilisées d'aujourd'hui (Rwanda, Haïti et Saint-Domingue, la Chine, le Montana et l'Australie) en passant par les sociétés qui surent, à un moment donné, enrayer leur effondrement (la Nouvelle-Guinée, Tipokia et le Japon de l'ère Tokugawa).

    De cette étude comparée, et sans pareille, Jared Diamond conclut qu'il n'existe aucun cas dans lequel l'effondrement d'une société ne serait attribuable qu'aux seuls dommages écologiques. Plusieurs facteurs, au nombre de cinq, entrent toujours potentiellement en jeu : des dommages environnementaux ; un changement climatique ; des voisins hostiles ; des rapports de dépendance avec des partenaires commerciaux ; les réponses apportées par une société, selon ses valeurs propres, à ces problèmes.

    Cette complexité des facteurs permet de croire qu'il n'y a rien d'inéluctable aujourd'hui dans la course accélérée à la dégradation globalisée de l'environnement. Une dernière partie recense, pour le lecteur citoyen et consommateur, à partir d'exemples de mobilisations réussies, les voies par lesquelles il peut d'ores et déjà peser afin que, dans un avenir que nous écrirons tous, le monde soit durable et moins inéquitable aux pauvres et démunis.

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  • Pourquoi notre sexualité diffère-t-elle aussi radicalement de celle de nos plus proches ancêtres, les grands singes?
    L'animal humain, dont le pénis est d'une dimension au-delà de toute nécessité, ne s'adonne qu'à des relations intimes et privées. Il peut faire l'amour à n'importe quel moment, que le partenaire féminin soit fécondable ou non. D'ailleurs, ce dernier n'en sait rien précisément, et ne fait pas connaître son état aux mâles en arborant des couleurs voyantes ni en émettant odeurs et petits cris.
    L'homme se distingue également en demeurant la plupart du temps auprès de la femme qu'il a rendue féconde et il l'aide à élever ses enfants.
    La sexualité de l'homme, comparée à celle des animaux, est des plus étranges, mais elle a joué dans l'évolution de l'espèce un rôle comparable à celui de la taille du cerveau et de la station debout.

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  • Les passagers, munis de titres de transport électroniques, de bagages de cabine passés aux rayons X, attendent, guidés par un personnel aux uniformes seyants et sous l'oeil d'une police affairée à regarder les écrans de contrôle de sécurité, d'embarquer pour Wapenamanda, Goroka, Kikori, Kundiawa et Wewak. Nous sommes à Port Moresby, capitale de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Rien que de normal.

    L'essentiel est ailleurs : ces hommes d'équipage, ces policiers à gadgets électroniques et ces passagers coutumiers de l'avion sont les descendants directs de ces millions de Papous, découverts par une expédition australienne en 1931, vivants isolés dans leurs diverses vallées montagneuses, en petites sociétés closes, dépourvues d'écriture, de monnaie, d'écoles et de gouvernement centralisé, à un âge trop vite jugé 'de pierre'. En quelque quatre-vingts années, la population des Highlands de Nouvelle-Guinée a vécu des changements qui prirent des millénaires à advenir dans le reste du monde.
    Jared Diamond, qui découvrit la Nouvelle-Guinée en 1964 pour sa première étude de terrain ornithologique, pose la question, rarement envisagée : que nous apprennent ces Papous de ce que les Occidentaux ont perdu avec la disparition des sociétés traditionnelles - ces sociétés structurées en groupes de faible densité de population (allant de quelques dizaines à quelques milliers d'individus), subsistant de la chasse et de la cueillette, de la culture ou de l'élevage, et que les contacts avec les grandes sociétés industrielles ont transformées de façon limitée ?

    Elles ont en effet inventé des milliers de solutions aux problèmes humains différentes de celles adoptées par nos sociétés modernes. Certaines - par exemple, des manières d'élever les enfants, de traiter les personnes âgées, de demeurer en bonne santé, de bavarder, de passer le temps libre, de pratiquer le multilinguisme ou de régler les litiges - semblent supérieures à celles des pays occidentalisés et riches. Les sociétés traditionnelles peuvent nous inspirer quelques meilleures pratiques de vie, mais également nous aider à évaluer d'autres avantages de notre propre société que nous avons fini par considérer comme normaux.

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  • Le refus d'entrer en parentalité doit être lu en interaction étroite avec les normes conjugales et professionnelles qui se reconfigurent depuis les avancées sociales, féministes et juridiques des années 1970. À partir de données statistiques récentes et de récits de vie denses et régulièrement convoqués au fil du texte, l'ouvrage s'intéresse aux motivations des personnes volontairement sans-enfant qui ont accepté de témoigner. À la croisée de la sociologie de la famille, du genre et de la déviance, l'ouvrage permet de suivre ces « outsiders de la parentalité ».

  • le regret d'être mere

    Orna Donath

    Ce livre est un cri d'alarme.

    Oui, certaines femmes regrettent d'être mère.

    Elles aiment leurs enfants, mais elles ont aussi besoin de s'exprimer par elles-mêmes, de s'épanouir, de réussir.

    Il n'est pas toujours facile de concilier le fait d'être mère et celui d'être une femme qui se réalise.

    L'idée même que l'on puisse concevoir du regret d'être mère peut être troublante. Orna Donath a interrogé de nombreuses femmes pour ce livre et propose l'idée suivante : nous devons nous questionner sur la façon dont la société pousse les femmes vers la maternité et pourquoi celles qui ne sont pas prêtes à suivre ce chemin sont encore considérées comme pouvant être une menace.

    /> Un livre étayé, nouveau, qui force à réagir.

  • "Un soir d'hiver à Manhattan, tard, Margaret Sanger vint trouver Grégory Pincus pour parler révolution, rien que ça. Il ne serait question ni de pistolets, ni de bombes ... Seulement de sexe, et plus il y en aurait, mieux ce serait". Voici l'histoire des quatre pionniers à l'origine de la pilule contraceptive, la plus grande découverte scientifique du XX ème siècle, celle qui devait changer radicalement notre société. Quatre visionnaires qui réunirent leurs forces pour développer ce "médicament" qui stopperait l'ovulation. "Libre comme un homme" est le roman-vrai d'un long combat contre l'establishment pour concevoir et commercialiser ce qui ne s'appelait pas encore la pilule.

  • Depuis 25 ans je collectionne les représentations artistiques, rituelles, ethnographiques, religieuses des étapes de la fécondité: conception, grossesse et naissance. Les femmes et les familles des sociétés traditionnelles, en réponse aux angoisses liées à leur fécondité, leur capacité de faire des beaux enfants, et leur capacité à les mettre au monde sans danger, s'adressent aux dieux et aux esprits de leur culture et se procurent des objets qui leur servent d'intermédiaires afin de s'assurer du bon déroulement de leur projet génésique. Le livre se termine par un tour du monde des artistes contemporains ayant eux aussi représenté les mêmes phases de la fécondité féminine.

  • La transmission maternelle est la terre d'éveil de l'identité de l'enfant et, pour une fille, le relais de la féminité et de la reproduction de la vie. Elle correspond à une plaque tournante complexe rarement étudiée comme telle. L'auteur met en évidence la complexité de la transmission d'une mère à son enfant tout au long de leur vie. Les conditions de la transmission maternelle, qui concernent différemment le garçon et la fille, exigent de prêter attention dans le même temps à deux versants du champ féminin.
    Ces versants, qui peuvent s'intriquer entre eux de manière complexe ou s'exclure réciproquement comme des contradictions, sont : la fonction maternelle et la position féminine ; la complétude de la grossesse et l'investissement de l'enfant à venir ; la perte d'une partie du corps maternel lors de l'accouchement et la poursuite de l'investissement de ce que représente cette perte à travers les soins corporels.
    Jean-Marie Forget s'intéresse à cet entre-deux et ces différents écartèlements spécifiques de la position subjective féminine que rencontre tout être de parole à sa naissance, qu'il soit garçon ou fille, dans le rapport à sa mère. La transmission particulièrement délicate du féminin et du maternel sont abordés spécifiquement.

  • Mariage pour tous, PMA, GPA... l'homoparentalité est régulièrement placée au coeur des débats. Remettant en cause la composition traditionnelle de la famille, elle suscite des réactions passionnelles, terreau fertile pour les idées reçues : « Un enfant a absolument besoin d'un papa et d'une maman », « On n'a pas assez de recul », « Un couple d'hommes ne saura pas s'y prendre pour élever un enfant », « Les parents homosexuels ne transmettent pas les mêmes valeurs à leurs enfants », « Les enfants risquent de souffrir du regard porté sur l'homosexualité de leurs parents »...
    Devant l'importance des enjeux pour les parents comme pour les enfants, il est essentiel d'apporter un éclairage précis et distancié sur ce qui s'apparente encore pour beaucoup à un tabou.

  • Cet essai est la réflexion d'une sage-femme qui, depuis trente ans, a accompagné des femmes pendant leur grossesse et après la naissance de leur enfant, écoutant leur questionnement sur l'arrivée au monde d'un enfant désormais « désiré ». La révolution dans la procréation et la transformation de la famille concerne chacun d'entre nous. Faut-il redouter que les forces aveugles de la nature ou du destin soient remplacées par la rigueur glaciale et anonyme de la technoscience et de son « expertise » ?

  • Cet ouvrage est le témoignage du travail pratiqué dans différents hôpitaux et mis en commun entre somaticiens, psychiatres, psychanalystes et psychologues, afin de conjuguer les compétences auprès des parents et de leur enfant en devenir. Le devenir-parent est un processus qui s'est beaucoup transformé avec l'évolution de la société, des pratiques médicales et des avancées scientifiques. Les diverses formes de parentalité qui en résultent demandent à être accompagnées, d'autant que les structures sociales n'apportent pas un appui suffisant et compétent. Il s'agit d'un véritable travail de prévention psychologique, encore insuffisant en France, indispensable dans un contexte où la technologie vient parfois faire écran à l'humain. Cet ouvrage est un plaidoyer pour montrer combien cette approche pluridisciplinaire permet de prévenir les troubles à venir.

  • Fondées en 1964 par la Société de Démographie Historique, les Annales de démographie historique, seule revue francophone du domaine, publient des recherches internationales en français et en anglais sur l'histoire, ou plutôt les histoires, de la population et de la famille telles qu'elles se présentent aujourd'hui : des travaux soucieux de leurs méthodes et de leurs catégories d'analyse, des approches largement ouvertes sur l'histoire sociale et l'histoire de la santé, attentives aux apports de l'anthropologie comme de l'économie. Les Annales de démographie historique sont publiées avec le soutien de l'INSHS (CNRS).

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